Vénérable Père XÉNOPHON, son épouse MARIE et leurs enfants ARCADE et JEAN

Vénérable Père XÉNOPHON, son épouse MARIE et leurs enfants ARCADE et JEAN
Saint Xénophon était un riche et honoré sénateur de Constantinople, sous le règne de Justinien (527-565). De sa vertueuse épouse Marie, il eut deux fils, Arcade et Jean, auxquels il donna une excellente éducation et, quand ils en eurent atteint l'âge, il les envoya poursuivre leurs études de droit à la fameuse école de Béryte (Beyrouth). Au bout de quelque temps, il tomba gravement malade et rappela ses deux fils à la capitale, afin de leur transmettre ses dernières recommandations; mais il revint à la santé, et les deux jeunes gens prirent joyeusement la route du retour. Le navire sur lequel ils s'étaient embarqués fut alors pris dans une terrible tempête, il fut fracassé par les flots, et les deux frères, séparés l'un de l'autre, furent sauvés par la grâce de Dieu.

En échouant sur le rivage, près de Tyr, Jean rendit grâce au Seigneur et, prenant alors conscience de la vanité de toute chose en cette vie terrestre, il devint moine dans un monastère de la région. Rejeté lui aussi sur le rivage, à quelque distance de là, Arcade mêla ses larmes à la joie d'avoir eu la vie sauve, pensant que son frère avait probablement péri dans les flots. Mais la nuit même, il vit en songe Jean souriant, qui le rassura et lui recommanda d'embrasser lui aussi la vie monastique que leur père leur avait enseigné à honorer par-dessus tout. Il se rendit à Jérusalem, vénéra les Lieux Saints et rencontra en chemin un saint vieillard qui, voyant sa peine, lui dit: «Ne sois pas triste mon enfant, ton frère est vivant. Il est devenu moine et tu reverras tes parents qui eux aussi deviendront moines». Puis le vieillard l'emmena dans la Laure de Souka, fondée par Saint Chariton, et l'installa dans la cellule où il avait passé cinquante années, en le laissant vivre seul, dans le jeûne et la prière, pendant une année.

Deux ans plus tard, n'ayant reçu aucune nouvelle de ses enfants, Xénophon envoya un de ses serviteurs à Béryte. Ne les trouvant pas, celui-ci prit la route d'Athènes, et un soir, comme il s'était arrêté dans une auberge, il reconnut un des serviteurs des deux garçons sous un habit monastique. Celui-ci lui raconta le naufrage et lui dit qu'il était devenu moine, pensant que ses deux maîtres avaient péri noyés. Lorsque Marie apprit la nouvelle, elle retint sa douleur pour rendre gloire à Dieu qui donne et retire ses bienfaits selon son bon plaisir. Le soir venu, quand Xénophon rentra au foyer, apprenant le retour de son serviteur et pensant qu'il était porteur d'un message, il demanda à voir la lettre de ses fils. Marie éclata alors en larmes, en lui révélant qu'ils avaient péris dans un naufrage. Ce fut alors au tour de Xénophon de montrer sa foi et sa fermeté d'âme. Il dit à son épouse: «Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le Nom du Seigneur soit béni» (Job 1:21) . Revêtant l'un et l'autre le cilice, ils passèrent toute la nuit en prière et, au petit matin, ils virent en songe leurs deux fils se tenir devant le Christ, la tête ornée d'une couronne d'or et de pierres précieuses. Puis ils partirent en pèlerinage vers les Lieux Saints. Arrivés à Jérusalem, ils rencontrèrent le père spirituel d'Arcade, qui leur révéla que leurs fils étaient bien vivants et qu'ils allaient bientôt les voir, au retour de leur visite aux monastères du Jourdain. Entre temps, par un merveilleux effet de la Providence, Jean et Arcade se retrouvèrent au Golgotha, en rendant visite au saint vieillard. Deux jours plus tard leurs parents arrivèrent de leur pèlerinage, vénérèrent le Saint Sépulcre et se rendirent auprès de l'Ancien, en lui rappelant sa promesse. Remarquant la bonne tenue, la discrétion et le charme des deux disciples qui servaient le repas, sans reconnaître leurs enfants tant ils avaient été transformés par les labeurs de l'ascèse, Xénophon et Marie demandèrent d'où venaient ces deux jeunes gens d'apparence si distinguée. Arcade révéla alors son origine à ses parents qui éclatèrent en larmes de joie et décidèrent sans retard de consacrer eux aussi leur vie à Dieu dans l'ordre angélique. Les deux frères quittèrent leurs parents et suivirent l'Ancien dans le désert, Xénophon revêtit le cilice et s'enfonça dans la solitude, après avoir distribué tous ses biens et avoir placé son épouse dans un couvent. Les uns et les autres parvinrent à un degré élevé dans la vertu et reçurent de Dieu le don de clairvoyance et le pouvoir d'accomplir des miracles.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 09 février 2010 15:04

Saints orthodoxes fêtés le 8 février (26 janvier)

St Siméon l'Ancien
Saints Ananie, Pierre et leurs 7 compagnons en Phénicie
St Ammonas en Egypte
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 09 février 2010 14:43

Saints Hiéromartyrs VLADIMIR de KIEV et BENJAMIN de PÉTROGRAD, Sainte Martyre la grande-duchesse ÉLISABETH; SYNAXE de tous les NOUVEAUX-MARTYRS de l'ÉGLISE RUSSE au XXe siècle

Saints Hiéromartyrs VLADIMIR de KIEV et BENJAMIN de PÉTROGRAD, Sainte Martyre la grande-duchesse ÉLISABETH; SYNAXE de tous les NOUVEAUX-MARTYRS de l'ÉGLISE RUSSE au XXe siècle
Baptisée au Xe siècle par des missionnaires venus de Byzance, l'Église russe a produit dans la suite des temps quantité de Saints: hiérarques, moines et justes, qui ont été prendre place en compagnie des Saints antérieurs dans la cour céleste. Mais il lui manquait d'être ornée, comme de pourpre et de lin fin, du sang des Martyrs, pour être présentée parfaite et rayonnante au Christ son Époux.

Saint Patriarche Tikhon La persécution sans précédent en cruauté et en extension qui, depuis la Révolution bolchevique de 1917 jusqu'à la célébration du Millénaire du Baptême de la Russie (1988), s'est abattue sur l'Église de Russie, loin d'éteindre le Christianisme, lui a procuré au contraire son plus haut titre de gloire. La fermeture systématique des églises et leur transformation en musées de l'athéisme, l'interdiction de tout enseignement religieux, la grossière et oppressante propagande athée, la délation répandue jusqu'au sein des familles, les vexations de toutes sortes, les internements dans les hôpitaux psychiatriques d'où l'on ne ressortait qu'après avoir été dépouillé de sa personnalité, les déportations dans les camps d'extermination, les tortures sanguinaires ou psychiques qui ont dépassé en cruauté tout ce qu'avaient imaginé les tortionnaires de jadis, toutes ces machinations de Satan se sont révélées impuissantes à éteindre la Foi et ont tourné à la confusion de leurs auteurs, en montrant que le Christianisme n'est pas une doctrine humaine, mais qu'il est vie et puissance de Dieu qui habite en nos coeurs pour nous rendre plus forts que la mort.

De 1918 à 1926, la tourmente révolutionnaire qui s'est acharnée sur les représentants les plus dignes de l'Église Russe, a produit plus de Martyrs que toutes les persécutions d'antan. Parmi ces nouveaux-Martyrs on compte 78 Evêques: le Saint "Premier-Martyr" Vladimir, Métropolite de Kiev, le Saint Patriarche Tikhon (ci-contre) (cf. 25 mars), les Saints Hiérarques Benjamin de Pétrograd, Barsanuphe de Kirillov, Andronique de Perm, Métrophane d'Astrakhan... quelques 2 700 Prêtres, 2 000 Moines et 3 400 Moniales, morts dans des monastères transformés en camps de concentration, ainsi que des centaines de milliers de pieux laïcs, connus ou inconnus, qui ont bravement affronté le dépouillement de leurs biens, le mépris et les tortures de toutes sortes pour répondre à cette invitation du Seigneur: « Reste fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de la vie » (Apo. 2:10). Leur sang versé en libation et leurs souffrances sont les joyaux qui, en ces derniers temps, sont venus rehausser la robe nuptiale de l'Épouse du Christ, de sorte qu'on peut chanter aujourd'hui en leur honneur avec le Psalmiste: « A sa suite des vierges sont amenées au Roi, ses compagnes lui sont présentées. Elles sont introduites parmi la joie et l'allégresse, elles entrent dans le Temple du Roi » (Ps. 44:15-16).

Il est impossible de narrer leur confession de foi et leurs tourments. Nous nous limiterons ici à l'évocation de trois des plus notables de ces athlètes de la piété, dont le culte a été récemment proclamé.

Saint Métropolite Vladimir de Kiev Le Saint Métropolite Vladimir de Kiev (ci-contre), premier des Nouveaux-Martyrs de l'Église Russe, naquit en 1848, dans le diocèse de Tambov, au sein d'une famille sacerdotale. Prêtre marié, il perdit son épouse et son jeune fils après quatre années de Sacerdoce, et il entra alors au Monastère de Kozlov. En 1888, il fut consacré Evêque de Staraja-Russa, dans le diocèse de Novgorod et, trois ans plus tard, fut transféré, au plus fort d'une épidémie de choléra, à Samara où il consacra toutes ses forces au soulagement du peuple éprouvé. Puis il travailla, pendant six ans, à l'instruction spirituelle des peuples orthodoxes du Caucase, fondant de nombreuses églises et écoles ecclésiastiques. Son élection comme Métropolite de Moscou en 1898, marqua un renouveau dans la vie ecclésiastique du diocèse. Il montrait un intérêt tout particulier pour la formation des Prêtres, qu'il choisissait judicieusement, et pour l'enseignement des ouvriers d'usine, à l'intention desquels il organisait des conférences spirituelles. Il aidait aussi les moines de la Laure de Saint-Serge, et fut à cette époque le père spirituel de la grande-duchesse Sainte Élisabeth. En 1912, il fut nommé Métropolite de Pétrograd et président du Saint-Synode. Mais sa résistance courageuse à l'ingérence de l'imposteur Raspoutine dans les affaires de l'Église, provoqua sa disgrâce, et il fut transféré à Kiev, au bout de trois ans.

La Révolution d'Octobre ébranla la vie ecclésiastique en Ukraine, comme dans toute la Russie, et l'on tenta d'y fonder une Eglise nationale, ne reconnaissant pas le Métropolite Vladimir qui s'était réfugié au Monastère des Grottes. Au début 1918, alors que la guerre civile avait atteint Kiev, le Métropolite continuait à célébrer la Divine Liturgie en plein bombardement. Le 25 janvier, Kiev étant occupée par les bolcheviques, un détachement de cinq hommes armés se présenta au monastère qui avait été pillé quelques jours plus tôt, et appréhenda le Métropolite. Le Saint les suivit, en pleine nuit, chantant et priant, aussi calmement que lorsqu'il se préparait à célébrer la Divine Liturgie. Lorsqu'ils parvinrent au lieu de l'exécution, il bénit ses bourreaux et dit: « Que Dieu vous pardonne! », avant de tomber fusillé.

Saints Tikhon et Benjamin Le Saint Métropolite Benjamin (ci-contre avec St Tykhon), connu pour son zèle pastoral, tout spécialement à l'égard des populations ouvrières, fut élu pour le siège de Pétrograd en 1917. Il entreprit aussitôt une réforme des paroisses et s'efforça de libérer l'Eglise de toute implication dans les affaires politiques. Sa parole, simple et spirituelle, attirait les foules dans les églises où il célébrait, et malgré sa haute charge, il continuait de visiter les pauvres et les ouvriers. Lors de la famine de 1921, conséquence de la Révolution d'octobre et de la guerre civile, qui fit plus de six millions de victimes, le Métropolite n'hésita pas à livrer à l'État tous les biens de l'Église, à condition qu'ils restent un don délibéré, sévèrement contrôlé par le Clergé et les fidèles. Les bolcheviques semblèrent alors devenir plus conciliants; mais la position intransigeante du Métropolite contre le mouvement de l'"Eglise Vivante", qui avait pour but le démembrement de l'Église et de la Tradition, raviva leur haine. Arrêté le 29 mai 1922, avec quatre-vingt-cinq autres Clercs et laïcs, il fut jugé devant un tribunal révolutionnaire, tandis qu'une foule immense de cent mille personnes se pressaient autour de l'immeuble, soutenant leur père spirituel par leur silence et leur prière. Le Métropolite réfuta avec calme toutes les accusations portées contre lui pour menées anti-révolutionnaires et résista aux calomnies des clercs de l'Église Vivante, véritables "incarnations de Juda" Appelé à se justifier de ces ignobles accusations, il dit: « Ce qui me coûte le plus est d'entendre que je suis un ennemi du peuple ». Et il ajouta: « Quelle que soit votre sentence, je tourne mes yeux vers le ciel et, faisant mon signe de Croix, je dit: "Gloire à Toi pour tout, Seigneur, mon Dieu!" »

Malgré le soutien manifeste du peuple, le tribunal condamna à mort le Métropolite, ainsi que l'Archimandrite Serge et les Prêtres Georges Novitsky et Jean Kavsarov ; ils furent fusillés le 13 août. Les bolcheviques, craignant une insurrection, avaient fait croire que le Métropolite avait été transféré à Moscou; et dans le petit peuple, la rumeur se répandit que leur père n'avait pas disparu, mais qu'il se cachait pour revenir un fois la tourmente apaisée.

Ste Elisabeth La grande-duchesse Sainte Élisabeth (ci-contre) naquit en 1864. Fille du duc de Darmstadt, elle se convertit du protestantisme à l'Orthodoxie lors de son mariage avec le grand-duc Serge Alexandrovitch, malgré l'opposition de sa famille. Dès les premiers jours de sa vie matrimoniale, elle commença à pratiquer largement l'aumône et à se consacrer à des oeuvres philanthropiques; et pendant la guerre russo-japonaise, elle organisa des convois d'ambulances et des hôpitaux pour recevoir les blessés. Le 18 février 1905, son époux fut assassiné par un terroriste. La grande-duchesse accepta le deuil avec résignation et, deux jours après, elle rendit visite à l'assassin en prison, pour l'exhorter au repentir. Elle adressa au tsar une demande de grâce, et tout le reste de sa vie, elle pria pour cet homme.

Ayant décidé de se consacrer tout entière à Dieu, Sainte Élisabeth vendit les nombreuses oeuvres d'art quelle possédait et fonda à Moscou le Monastère de Marthe-et-Marie, dédié aux oeuvres de miséricorde. Au printemps 1918, elle fut arrêtée par les bolcheviques en compagnie de deux moniales de ce monastère, Catherine et Barbara. La première fut libérée peu après, mais Barbara réussit à rester auprès de la grande-duchesse et partagea son Martyre.

La nuit du 18 juillet 1918, Sainte Élisabeth et d'autres membres de la famille Romanov furent précipités dans une galerie des mines d'Alapaevsky, où l'on fit éclater des grenades. Leurs corps furent retrouvés au mois d'octobre suivant, après que des chants et des prières eussent été entendus sur les lieux. Le corps de Sainte Élisabeth était intact et incorrompu. On envoya alors ses précieuses Reliques, avec celle de la moniale Barbara, à Jérusalem, où elles furent déposées dans l'église du Monastère de Sainte Marie-Madeleine, qui a été construite par l'empereur Alexandre III.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 09 février 2010 14:34

Modifié le mardi 09 février 2010 14:49

Parabole du Fils prodigue

Prodigue, mon pareil, avance sans frayeur
puisque Dieu ouvre à tous la porte de Son c½ur.

Puisqu'il en est qui ont maintes fautes sur la conscience, vivant dans la débauche depuis leur jeunesse, en s'adonnant à l'ivresse et à la dissipation ; qui, après être ainsi tombé dans le gouffre du péché, en arrivent au désespoir, ce qui est une forme d'arrogance ; et que par suite ils ne veulent nullement s'appliquer à la vertu et, lui préférant le flot des passions, retombent toujours dans des fautes semblables ou pires, les Saints Pères, se comportant envers eux avec amour des hommes et paternelle sollicitude, dans le désir de les arracher au désespoir, ont mis ici cette seconde parabole, afin d'extirper jusqu'à la racine le sentiment du désespoir et de les inciter à s'élever jusqu'à la vertu. Révélant à ceux qui ont beaucoup péché le c½ur très-bon et plein d'amour de notre Dieu, en prenant l'exemple du Fils prodigue, ils ont montré, à partir de la parabole du Christ, que nul péché ne peut triompher de cet amour pour les hommes.

Car les deux fils de l'homme, c'est-à-dire du Verbe Dieu fait homme, ce sont les justes et les pêcheurs. L'Aîné, c'est celui qui observe ses commandements, qui s'applique toujours au bien de Dieu et qui ne s'en éloigne en aucune façon. Le plus jeune, c'est celui qui affectionne le péché, qui renie l'amitié divine par ses honteuses actions, qui gaspille le trésor de l'amour de Dieu envers lui, qui vit en débauché au point de ne plus sauvegarder l'image et ressemblance divine, qui suit le démon du mal, se fait esclave de sa propre volonté dans les plaisirs et n'est plus capable d'assouvir sa concupiscence. Car c'en une chose insatiable que le péché et qui attire, d'habitude, par un plaisir passager. On peut le comparer aux caroubes, cette nourriture des porcs : les caroubes, en effet, offrent d'abord une certaine douceur, puis de l'âpreté et finissent par devenir comme de la paille. C'est tout à fait ce que procure le péché. A peine le Fils prodigue a-t-il retrouvé son bon sens, exténué par la disette des vertus, il retourne vers son Père en disant : «Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils.» Et celui-ci l'accueille repentant, sans l'outrager, mais il l'enlaçe en l'embrassant, lui montrant son coeur divin et paternel. Il lui donne un vêtement, à savoir le Saint Baptême, avec son sceau et son gage, la grâce de l'Esprit très-Saint; en outre, des sandales, pour que ses pas, marchant désormais selon Dieu, ne soient plus blessés par les serpents et les scorpions , mais soient plutôt en mesure de leur écraser la tête. Ensuite, pour comble d'allégresse, le Père immole pour lui le veau gras, entendez son Fils unique, et lui donne de goûter à sa Chair et à son Sang, même si le fils aîné, s'étonnant de son amour sans limites, lui dit franchement ce qu'il en pense. Mais l'Ami des hommes le fait taire en lui adressant avec calme des paroles douces et bienveillantes : «Toi, tu es toujours avec moi, il faut donc te réjouir et te féliciter avec ton Père, car mon fils que voici avait été mis à mort par le péché, et le voilà revenu à la vie, avec le repentir de ses actes insensés ; il était perdu, s'étant éloigné de moi dans l'accoutumance aux plaisirs, et je l'ai retrouvé, moi qui souffrais en mon c½ur et l'ai fait revenir à ma communion.» Et cette parabole peut s'appliquer au peuple hébreu et à nous.

C'est donc pour cette raison que la parabole a été mise ici par les Saints Pères, puisqu'elle nous fait rejeter, comme il a été dit, le désespoir et la crainte, pour nous attacher aux bonnes½uvres, qu'elle excite au repentir et à la conversion celui qui a péché comme le Fils prodigue. De plus, elle est un puissant moyen de défense, une arme excellente pour repousser les traits de l'adversaire.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 09 février 2010 13:36

Modifié le mardi 09 février 2010 14:38

Saints orthodoxes fêtés le 7 février

Ste Médula et ses compagnons
St Castin, Evêque de Byzance
St Dimitrios le Skevophylaxe
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 09 février 2010 13:15

Saint Père GRÉGOIRE le THÉOLOGIEN, Archevêque de CONSTANTINOPLE

Saint Père GRÉGOIRE le THÉOLOGIEN, Archevêque de CONSTANTINOPLE
Saint Grégoire, cet homme à l'âme céleste et à la bouche sanctifiée par le feu du Saint-Esprit, a pénétré si profondément dans les Mystères de Dieu qu'entre tous les les Pères, il a été jugé digne du titre de Théologien, comme Jean, le Disciple Bien-aimé : c'est-à-dire non celui qui fait profession d'enseigner les dogmes, mais celui qui, après s'être purifié, a été uni à Dieu par la Grâce et qui se tourne ensuite vers le peuple, comme Moïse, pour lui transmettre les oracles divins et lui communiquer la lumière. Comme Saint Basile et Saint Jean Chrysostome, sa vie dépasse largement les limites d'une simple biographie et se présente plutôt à nous comme le prototype de la sainteté chrétienne, et ses oeuvres immortelles, insurpassables en beauté et en profondeur, constituent le plus digne ornement de rl'Epouse du Verbe de Dieu.

Son père, Saint Grégoire l'Ancien (commémoré le 2 janv.), homme sage et vertueux, s'était d'abord égaré dans la secte des Hypsistaires; puis, converti grâce à la patience et à la prière de son épouse Sainte Nonne (mémoire le 5 août), il devint Evêque de Nazianze, la petite ville de Cappadoce proche de leur propriété familiale d'Arianze. Alors qu'ils étaient restés longtemps sans progéniture, Dieu leur accorda successivement trois enfants: Sainte Gorgonie (23 fév.), Saint Grégoire et Saint Césaire (25 fév.). Après la naissance de Gorgonie, Sainte Nonne avait instamment prié le Seigneur de lui accorder un fils, en Lui promettant de le Lui consacrer. Dieu répondit à sa prière.. en lui montrant dans un songe la figure de l'enfant qui allait naître et en lui imposant son nom. Dès la naissance de Grégoire, en 329, sa mère prit soin de cultiver en lui les semences des saintes vertus, de sorte que l'enfant montra bientôt la sagesse des vieillards, un grand attrait pour l'étude et une attirance irrésistible vers la contemplation et la prière. Une nuit, il vit en songe deux jeunes vierges pures lui apparaître, vêtues de blanc et le visage chastement couvert d'un voile. Elles le caressèrent doucement, en lui disant qu'elles étaient l'une la pureté et l'autre la chasteté, compagnes de Notre Seigneur Jésus-Christ et amies de ceux qui renoncent au mariage pour mener une vie céleste. « Elles m'exhortèrent d'unir mon c½ur et mon esprit au leur, afin que m'ayant rempli de l'éclat de la virginité, elles puissent me présenter devant la lumière de la Sainte Trinité », dit-il dans un poème autobiographique. Il prit dès lors la résolution de consacrer sa vie à Dieu dans la virginité et s'éloigna de tout plaisir et divertissement de ce monde. Poussé par l'amour de la science, il partit avec son frère Césaire pour étudier la rhétorique à Césarée de Cappadoce, où il fit connaissance de Saint Basile, puis il se rendit à Césarée de Palestine et à Alexandrie, où il laissa son frère pour s'embarquer vers l'illustre Athènes qui gardait encore sa renommée de capitale de l'éloquence et de la philosophie.

Mais le navire sur lequel il s'était embarqué fut pris, pendant près de vingt jours, dans une effroyable tempête. A genoux à la proue, le visage battu par le vent et les vagues, Grégoire, qui selon l'usage du temps n'avait pas encore reçu le Baptême et qui redoutait d'être privé pour toujours de l'eau sainte qui nous purifie et nous divinise, tendait les mains vers le ciel et suppliait Dieu avec larmes. Soudain, au moment même où il rappelait son engagement de servir Dieu toute sa vie, la tempête s'apaisa, les païens, qui avaient joint leurs prières au siennes, se convertirent, et le navire parvint sans encombre à Athènes. Grégoire s'y lia avec Saint Basile de l'amitié si célèbre évoquée dans la notice de ce dernier (voir ler janv.). Tout leur était commun : l'amour du savoir, le talent oratoire, la profondeur de la réflexion, et surtout la pureté des m½urs, la recherche de la perfection et la tension de tout leur être vers Dieu, qui leur faisaient dépasser leurs condisciples et même leurs maîtres, les rendaient aimables à tous et attiraient irrésistiblement à eux les hommes qui recherchaient sincèrement la vérité. Si bien que lorsque Basile décida de regagner sa patrie, jugeant avoir acquis là suffisamment de connaissances, leurs compagnons parvinrent à retenir Grégoire pendant quelque temps et firent de lui leur maître. Parvenant enfin à se libérer de cette affection, inopportune, Saint Grégoire retourna en Cappadoce, en 359, âgé de trente ans, et reçut le Saint Baptême. Il n'était désormais plus question pour lui de regarder vers les sciences et la beauté du langage. De tout l'élan de son c½ur, il n'aspirait plus à vivre que pour Dieu seul, contempler dès ici-bas Son Royaume et Sa gloire, en dégageant son intellect de tout attachement au monde. Jusqu'à la fin de ses jours, il soumit son corps à une stricte ascèse, malgré les maladies fréquentes, qui entravaient ses activités mais qu'il supportait avec joie. Il versait des larmes abondantes quand il élevait sa prière vers Dieu ou quand il se plongeait dans l'Ecriture Sainte pour s'y remplir de la parole de Dieu ; et il mit dès lors la brillante éloquence qu'il avait acquise au cours de ses études au service du Verbe. Mais, plus que tout, Il désirait pouvoir s'adonner sans trouble à la contemplation, dans le silence et loin du monde. C'est pourquoi il rejoignit en hâte Saint Basile dans sa retraite de la vallée de l'Iris, afin d'y mener ensemble une vie semblable à celle des Anges, conformément aux projets qu'ils avaient conçus pendant leur séjour à Athènes. Ils pénétraient ensemble, comme une seule âme, dans les Mystères de Dieu, ils étaient transportés ensemble en de célestes contemplations, préfigurations de la joie et de la concorde des élus dans le Royaume de Dieu, et ils recevaient ainsi du Seigneur une connaissance incomparable sur le mystère de l'homme et de sa nature, et sur l'art de purifier l'âme de ses passions. C'est pourquoi, malgré leur jeune âge et le peu d'années passées dans la vie monastique, ils purent rédiger de concert les Règles monastiques, qui restent depuis la charte de fondation du monachisme orthodoxe.

Cette vie toute céleste dura cependant peu de temps, car Grégoire fut bientôt rappelé par son père vieillissant pour prendre soin de lui et se charger à sa place de la direction de l'Eglise de Nazianze malheureusement divisée à la suite du concile hérétique de Rimini (359). Aussitôt sur place, Grégoire tenta en vain de réconcilier ceux qui s'étaient séparés de la communion de son père, tout en s'efforçant d'accorder la contemplation et la vie active. Malgré sa crainte mêlée de respect pour le Sacerdoce et sa préférence pour la contemplation, il fut ordonné Prêtre contre son gré par son père, qui espérait donner ainsi plus de force à sa prédication et désirait le préparer à la succession. Surpris par cette ordination comme par une « tyrannie », Grégoire s'enfuit alors dans le Pont, afin d'y adoucir sa douleur en compagnie de son cher Basile. Beaucoup blâmèrent alors et blâment encore le Saint, l'accusant de lâcheté ou de faiblesse de caractère. Mais là n'est pas la vérité. Comment douter de l'équilibre psychologique et de la force d'âme d'un esprit si puissant, qui avait acquis dès sa jeunesse la bienheureuse impassibilité et la maîtrise sur toutes les puissances de son âme? Il convient plutôt de voir en Saint Grégoire un exemple frappant de la délicatesse extrême et de la sensibilité qu'acquièrent les Saints en s'approchant de Dieu. Comme il l'expliqua lui-même dans son discours apologétique, il n'avait pas fui alors le Sacerdoce par crainte mais par une conscience aiguë de la redoutable responsabilité du pasteur d'âmes et, surtout, parce qu'il préférait s'unir à Dieu, et par là même à tous les hommes, dans la contemplation. « Rien ne me semblait préférable, dit-il, que de fermer la porte des sens, de sortir de la chair et du monde, de se rassembler en soi-même, ne gardant plus contact avec les choses humaines en dehors d'une absolue nécessité, de s'entretenir avec soi-même et avec Dieu, pour vivre au-dessus des réalités visibles, de manière à porter sur soi les reflets divins sans altérations ni mélanges avec les formes fugitives d'ici-bas, devenir vraiment et devenant constamment vrai miroir immaculé de Dieu et des choses divines, en ajoutant lumière à la lumière et en substituant la netteté à la confusion, en jouissant dès maintenant par l'espérance des biens de la vie future, pour accompagner les Anges dans leur ronde, en restant sur terre après avoir été quitté la terre et avoir été élevé par l'Esprit. Si l'un de vous est possédé par ce désir, il sait ce que je veux dire et il me pardonnera ce que j'ai alors éprouvé »1.

Mais, au bout de trois mois, sur les recommandations de Saint Basile et craignant de désobéir à la volonté de Dieu, il retourna à Nazianze, et s'employa avec ardeur à ramener la concorde parmi les Orthodoxes et à assister ses parents dans leur grande vieillesse. Pendant dix ans il fut pour Nazianze le modèle du Pasteur: humble disciple du Seigneur, ministre de Sa parole et de Sa grâce, règle de foi et image vivante de la perfection évangélique. Lorsqu'en 361, l'empereur Julien, dont Saint Grégoire avait prédit l'apostasie quand ils étaient condisciples à Athènes, commença sa tentative de restauration du paganisme, en interdisant aux enfants chrétiens l'accès à l'enseignement des Belles Lettres, Saint Grégoire répliqua par la rédaction de brillants discours et de sublimes poèmes, dans lesquels il exposait les Mystères de la Foi avec une perfection littéraire et une richesse d'images et de vocabulaire qui dépassent les oeuvres des grands auteurs de l'Antiquité. Avec Saint Grégoire et les autres Pères de l'Eglise de cette époque la culture hellénique n'est pas seulement convertie au Christianisme, mais elle est définitivement dépassée et elle laisse la place à une culture proprement chrétienne orthodoxe, qui utilise le meilleur des productions de l'Antiquité en le transfigurant.

En 370, Saint Grégoire et son père collaborent efficacement à l'élection de Saint Basile sur le siège de Césarée et à sa reconnaissance comme chef du parti orthodoxe. Plus libre que Basile, exposé de toutes parts et obligé de maintenir une certaine réserve, Gregoire proclama alors ouvertement la divinité du Saint-Esprit contre les hérétiques macédoniens, et résista audacieusement à la persécution de l'empereur Valens. Les deux amis avaient acquis un tel prestige dans le peuple que l'empereur n'osa pas s'en prendre à eux, et ils furent les seuls Orthodoxes à échapper alors au bannissement.

En 372, malgré le désir de Grégoire, approuvé par Basile, de se retirer des charges pastorales dès la mort de ses parents, il fut ordonné par son ami Evêque de la sinistre bourgade de Sasimes, située aux confins de la Cappadoce et de la Cappadoce Seconde, province créée par Valens pour contrecarrer les activités de l'évêque de Césarée. En dépit de son affection pour Basile et de son souci du bien de l'Eglise, Saint Grégoire n'accepta pas cette charge et s'enfuit dans la montagne, espérant trouver en Dieu quelque consolation à ses tribulations. Sur les instances de son père, il accepta de retourner à Nazianze et assura le gouvernement de cette Eglise, en tant qu'Evêque remplaçant, jusqu'au décès du vieillard âgé de près de cent ans. Après la mort de son père, suivie de peu par celle de Sainte Nonne, Grégoire céda une fois de plus aux supplications des fidèles et accepta de rester en place jusqu'à l'élection d'un nouvel Evêque, malgré l'état d'extrême faiblesse dans lequel l'avaient placé la maladie, les austérités et les combats pour la foi. Mais, s'apercevant bientôt que les citoyens, désireux de le garder auprès d'eux, retardaient l'élection, il s'enfuit de nouveau, en secret, vers Séleucie, la métropole de l'Isaurie (375), et se retira dans le Monastère de Sainte-Thècle, en pensant y trouver enfin la paix. Mais là encore, il dut soutenir le bon combat de la foi contre les ariens, implacables à semer partout le trouble. Au début de l'année 379, à quelques jours d'intervalles, l'Eglise se revêtit d'un vêtement de deuil à la mort du phare de l'Orthodoxie, Saint Basile, mais elle le changea bientôt en tunique d'allégresse, lors de la disparition de Valens l'hérétique et de la promotion de Théodose le Grand, fidèle défenseur de la Foi de Nicée. Tous les regards orthodoxes se tournaient avec espoir vers Grégoire, comme le plus digne représentant de la Foi et comme son plus brillant prédicateur.

Les fidèles de Constantinople, la capitale impériale qui se trouvait depuis plus de quarante ans aux mains des hérétiques, demandèrent alors au Saint Evêque de Nazianze de venir à leur secours. De nouveau arraché aux délices de la contemplation divine par le souci de la sauvegarde de l'Eglise, il arriva à Constantinople, en portant avec lui la force irrésistible de sa parole et la puissance de ses miracles. Il y fut reçu dans une maison de ses parents, où le peuple orthodoxe commença bientôt à se rassembler en nombre croissant pour écouter avec enthousiasme ses prédications, de sorte que la demeure fut bientôt transformée en église, sous le nom de Sainte-Anastasie ( « Résurrection » ) ; parce que la foi qui était morte à Constantinople y était comme ressuscitée grâce à la parole de Saint Grégoire.

Seul contre la multitude des hérétiques et des sectes diverses, le Saint captivait son auditoire par son éloquence et tranchait les sophismes et les arguments de la sagesse charnelle grâce à l'épée de la parole de Dieu. Dans une série de cinq discours, qui lui valurent le titre de Théologien, après avoir montré qu'il ne convient pas d'aborder la discussion sur les Mystères de Dieu comme une chose commune, mais seulement en son temps et après avoir été convenablement purifié, il expose de manière définitive l'incompréhensibilité de l'Essence divine, la divinité du Fils et celle du Saint-Esprit. Plus que tous les autres Pères, Saint Grégoire excelle à exposer en des expressions brèves et paradoxales les plus grands Mystères de la Foi. Ces définitions sont si parfaites que, dans la suite des siècles, les Saints Théologiens les plus illustres consacrèrent des traités entiers à les commenter, et elles sont si belles qu'un grand nombre d'entre elles a été utilisé par nos mélodes dans la composition des hymnes liturgiques des grandes fêtes de l'année 2. Lues et apprises par c½ur, comme l'Ecriture Sainte, les ½uvres de Saint Grégoire sont une icône, elles transportent au ciel et initient aux mystères ineffables. Sa langue est si parfaite qu'elle rend inutile toute autre parole et conduit naturellement l'amant du Verbe à la prière silencieuse.

D'une rigueur inflexible en ce qui concerne la Foi, Saint Grégoire était plein de douceur dans son comportement à l'égard des personnes, pécheurs ou égarés. Il corrigeait les m½urs en montrant l'exemple de la conduite chrétienne par sa vie retirée de toute mondanité, par son austérité et par sa patience dans les épreuves et les maladies, si bien qu'un grand nombre de ceux qui avaient écouté ses discours se convertissaient complètement en le voyant vivre. Ses succès attirèrent cependant rapidement de vives oppositions de la part des sectes, et des envieux répandirent contre lui d'infâmes calomnies, sans parvenir toutefois à vaincre sa patience et sa douceur à l'égard de ses ennemis. La nuit de Pâques 379, des hérétiques, disciples d'Apollinaire, qu'il avait brillamment réfutés, se précipitèrent dans l'église de Sainte-Anastasie, semèrent la panique dans l'assistance et tentèrent de lapider le Saint, mais ils ne parvinrent pas à lui porter le coup mortel que celui-ci aurait pourtant désiré pour achever sa course en recevant la palme du Martyre.

A la suite de cette épreuve, il fut de surcroît traduit en justice, comme un criminel, mais il en sortit victorieux et exhorta ensuite ses amis au pardon. L'attitude si modérée, la charité, l'équité de ce parfait disciple de Jésus-Christ attirèrent finalement contre lui l'hostilité des deux partis: les hérétiques pleins de haine et les Orthodoxes trop zélés.

Alors que, grâce à ses combats, l'hérésie semblait reculer, le diable le soumit à de nouvelles épreuves en la personne d'un philosophe cynique, originaire d'Alexandrie, nommé Maxime. Celui-ci, cachant d'abord son fourbe dessein, s'attira l'estime de Grégoire ; mais il se révéla bientôt en se faisant élire irrégulièrement Evêque de Constantinople et en semant le trouble et le scandale dans l'Eglise. Saint Grégoire, doux et résigné, était prêt à abandonner son trône pour ne pas s'opposer à l'imposteur par la lutte et la haine, mais le peuple se souleva spontanément contre Maxime et supplia son pasteur de ne pas l'abandonner aux loups qui menaçaient le troupeau du Christ, en disant : « Si tu nous quittes, ô Père, sache que tu emporteras avec toi la Sainte Trinité ». Le Saint se laissa convaincre et fit appel à l'empereur Théodose, alors en résidence à Thessalonique. Celui-ci rejeta l'usurpateur et entra peu de temps après triomphant à Constantinople, après sa victoire sur les barbares (24 nov. 360). Dès le lendemain, il fit expulser les ariens des églises qu'ils occupaient et imposa l'élection de Saint Grégoire comme Evêque de la ville impériale. Ce dernier, brûlant toujours du désir de la retraite, refusa d'abord, mais il dut finalement se rendre à l'insistance du peuple enthousiaste. Toutefois, comme il était normalement Evêque d'un autre siège, son transfert à Constantinople devait être ratifié par un concile; c'est pourquoi Théodose réunit l'année suivante (361) le second Concile OEcuménique qui, après avoir unanimement reconnu l'élection de Grégoire, condamna l'hérésie des pneumatomaques (macédoniens) et marqua le terme de l'arianisme, et la victoire définitive de l'Orthodoxie.

La joie occasionnée par ce triomphe fut cependant bientôt interrompue par la mort du président du synode, Saint Mélèce, l'illustre Evêque d'Antioche. Grégoire fut alors chargé de diriger les sessions au cours desquelles on devait décider de la succession de ce siège divisé depuis de nombreuses années par le schisme entre les Orthodoxes: les uns partisans de Mélèce et les autres de Paulin. Comme il avait été convenu que le survivant serait reconnu par tous comme le seul Evêque, Saint Grégoire prit le parti de Paulin, mais il se heurta aussitôt à l'opposition haineuse et aux conspirations des Evêques orientaux. Ceux-ci allèrent même jusqu'à soudoyer un jeune hérétique pour l'assassiner; mais au moment de se précipiter sur le Saint, le malfaiteur s'arrêta net et se jeta en pleurs à ses pieds, confessant son mauvais dessein. Grégoire le releva, l'embrassa tendrement et lui demanda de se consacrer désormais à Dieu, après avoir renoncé à l'hérésie. D'autres Evêques, partisans de Paulin, s'en prirent à Grégoire, en l'accusant d'avoir été transféré de Sasimes à Constantinople contrairement aux Saints Canons. Harassé par tant de querelles sournoises et le c½ur déchiré de voir l'Eglise du Christ ainsi divisée, lui qui n'avait jamais recherché ni honneurs ni pouvoir, il déclara à l'assemblée que son plus grand désir était de contribuer à la paix et que si le fait d'occuper le siège de Constantinople était une cause de division, il était tout prêt à être jeté à la mer, comme Jonas, pour apaiser cette tempête, à condition que la Foi Orthodoxe restât sauve. Et, sur ces mots, il quitta l'assemblée; puis il se rendit au palais, où il supplia l'empereur d'accepter sa démission et lui demanda de se charger lui-même, par son autorité, de rétablir l'unité et la concorde dans l'Eglise. Dans un dernier et émouvant discours, il fit ses adieux à sa chère église de l'Anastasie, sa gloire et sa couronne, à Sainte Sophie et aux autres églises de la ville qu'il avait restaurée dans la vraie foi et dans la pureté des m½urs, la préparant pour une gloire millénaire. Il salua son Clergé, les moines, les vierges, les pauvres et même les hérétiques, qu'il exhorta encore à la conversion, dit adieu à l'Orient et à l'Occident, unis désormais dans la paix, aux Anges Gardiens de son Eglise et à la Trinité Sainte, aux soins de laquelle il remit son troupeau. Puis il quitta Constantinople, laissant Saint Nectaire comme successeur (mémoire le 11 oct.), et retourna quelque temps à Nazianze, où il s'efforça de faire nommer à sa place un Evêque titulaire. Après l'élection d'Eustathe, il se retira définitivement dans sa propriété d'Arianze, où épuisé par la maladie et tant d'activités qu'il n'avait pas désirées, il passa les dernières années de sa vie dans le silence et la solitude. Mais, tel un guetteur fidèle à son poste, il ne cessait pourtant de veiller de loin sur la pureté de la Foi. Il adressait des lettres dogmatiques pour réfuter les hérésies naissantes, ou exhortait Nectaire et les autres Evêques orthodoxes à plus de justice, envoyait à ses enfants spirituels de sages conseils pour atteindre la perfection et rédigeait d'admirables poèmes en grec archaïque. C'est ainsi que, le coeur brisé et humilié mais l'intelligence constamment fixée dans la contemplation des mystères insondables de la Sainte Trinité, ce fidèle serviteur, devenu malgré lui combattant, rendit en paix son âme au Seigneur 3.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 09 février 2010 12:43

Saints orthodoxes fêtés le 6 février

Ste Xénie, Folle en Christ de St Petersbourg
Sts Paul, Pausirion et Théodotion
Saints Babylas d'Antioche, Agapios et Timothée
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 08 février 2010 14:11

Vénérable Mère XÉNIE et de ses deux servantes

Vénérable Mère XÉNIE et de ses deux servantes
Sainte Xénie, nommée Eusébie au Saint Baptême, avait grandi au sein d'une noble famille chrétienne de Rome, dans le courant du Ve siècle. Lorsque vint le jour de son mariage -que ses parents avaient préparé malgré son désir de consacrer sa virginité au Seigneur Jésus-Christ-, elle s'enfuit de nuit, en compagnie de deux servantes, et s'embarqua pour Alexandrie. Parvenue dans l'île de Kôs, elle changea son -nom pour celui de Xénie («l'étrangère») et, élevant ses mains vers Dieu, elle le pria instamment de lui envoyer, comme à Sainte Thècle (voir 24 sept.), un autre Paul pour la guider dans la voie du salut. Un noble et respectable vieillard, précisément nommé Paul, lui apparut alors et la conduisit dans la ville de Mylassa en Carie, où il lui offrit, pour elle et ses deux compagnes, des cellules à proximité du monastère dont il était higoumène. Sainte Xénie mena en ce lieu pendant de longues années une vie toute céleste, entreprenant des austérités qui faisaient trembler les démons, se nourrissant une fois tous les deux ou trois jours d'un peu de pain qu'elle assaisonnait de ses larmes, priant toute la nuit, et fuyant toute occasion de vaine gloire, en se mettant humblement au service des pauvres et de ses disciples qui se rassemblaient autour d'elle en nombre croissant. Elle fit construire près de sa cellule une église dédiée à Saint-Etienne, et l'endroit devint bientôt un couvent bien organisé.

Après avoir mené son séjour terrestre vraiment comme une étrangère, Sainte Xénie s'endormit en paix, en priant pour ses soeurs, et son âme partit avec joie rejoindre sa patrie céleste. En signe de la faveur qu'elle avait acquise auprès de Dieu, une croix lumineuse, plus brillante que le soleil, apparut alors en plein jour, entourée d'une couronne d'étoiles enfermant un autre choeur de sept étoiles; elle suivit le cortège pendant les funérailles et disparut lorsqu'on déposa en terre le corps de la Sainte.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 08 février 2010 13:55

vénérable Père DENIS de l'OLYMPE

 vénérable Père DENIS de l'OLYMPE
Saint Denis naquit dans les dernières années du XVe siècle d'un couple de modestes chrétiens du village de Slatina (aujourd'hui Drakotrypa) en Thessalie. Après la mort de ses parents l'adolescent exerça quelque temps les fonctions d'instituteur et de calligraphe; mais, dévoré de zèle pour les choses de Dieu, il se rendit bientôt au Monastère des Météores et devint disciple d'un ancien nommé Sabas. Il ne portait les vêtements monastiques (rasophore) que depuis peu, quand, ayant entendu vanter le mode de vie hésychaste, l'ascèse et la prière des moines de l'Athos, il s'enfuit à l'insu de son ancien qui voulait le retenir de force, et, parvenu à Karyès, la capitale de la république athonite, il demanda à être reçu dans la communauté d'un ancien réputé pour sa sagesse, Gabriel. D'abord renvoyé quelque temps dans le monde, auprès de l'Evêque de Cassandra, jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge requis, il reçut le grand-habit angélique des mains de Gabriel qui, discernant ses qualités, le fit bientôt ordonner Diacre puis Prêtre, afin de le remplacer dans le Service Liturgique du Protaton.

Le zèle de Denys pour l'ascèse et son amour de la prière dans la solitude faisaient l'admiration de tous, jeunes comme anciens; aussi obtint-il facilement de son père spirituel l'autorisation d'aller engager les rudes combats de la vie solitaire dans un lieu froid et dépourvu de toute consolation humaine, près du Monastère de Caracallou.

Nuit et Jour, sans relâche, il travaillait à faire croître en lui l'homme intérieur renouvelé à l'image du Christ. Sa nourriture: la lecture de l'Ecriture Sainte et quelques châtaignes qui abondaient en ce lieu et lui permettaient de vivre ainsi libre de tout souci pour la subsistance de son corps. Il persévéra pendant trois années dans des combats dignes des grands ascètes de jadis. Après un pèlerinage en Terre Sainte, où le Patriarche Dorothée voulut le garder pour faire de lui son successeur, il retourna à l'Athos et se mit à l'ouvrage pour agrandir sa modeste chapelle, aidé dans son travail par des Anges. Un jour un brigand, qui avait remarqué que des visiteurs commençaient à venir nombreux pour recevoir la bénédiction du Saint, s'embusqua pour l'assassiner. Mais il fut frappé de berlue et ne le vit pas passer. Il se rendit alors à sa cellule, en pensant la piller tout à son aise, et y découvrit le Saint. Il tomba alors à ses pieds, confessa en pleurant son mauvais dessein et devint ensuite moine.

Au bout de sept années d'une vie plus céleste que terrestre, comme sa renommée s'était répandue sur toute la Sainte Montagne, les moines de Philothéou lui demandèrent d'accepter la charge d'Higoumène. Poussé par son amour des hommes, le Saint se résolut à abandonner les douceurs de la solitude pour le salut de ses frères. Il restaura rapidement la condition matérielle et spirituelle du monastère. Les nouvelles recrues commençaient à affluer quand, certains moines bulgares, jaloux de s'être vu retirer la direction du couvent, fomentèrent un complot contre lui, avec le dessein de mettre fin à ses jours. Prévenu à temps, Saint Denis s'enfuit alors avec quelques-uns de ses moines et s'installa à la skite de Bérée1, où ne vivaient alors péniblement que quelques moines.

Là aussi les vertus et les grâces que Dieu faisait resplendir en lui attirèrent vers le Saint de nombreux disciples, comme le fer est attiré vers l'aimant. Il reconstruisit l'église du Précurseur, transforma la skite en monastère cénobitique, organisé selon la tradition de la Sainte Montagne, et laissa d'autres frères s'installer aux alentours, seuls ou en petites communautés, si bien que l'endroit devint bientôt une véritable cité monastique. Malgré les travaux de constructions et les soucis de la direction spirituelle, Denis poursuivait en tout point sa vie ascétique, comme dans le désert, ne mangeant que quelques fruits, ne portant en tout temps qu'un seul vêtement, priant sans cesse, surtout dans le silence de la nuit, et ajoutant à ses travaux une charité sans limite à l'égard des malheureux qui venaient demander l'aumône au monastère. Il leur distribuait sans compter: biens, nourritures et vêtements, laissant à la Providence divine le soin d'entretenir sa communauté. Père de tous, il était aussi, à l'imitation du Christ, le plus humble et se faisait le serviteur de chacun de ses moines. Chaque fois qu'il le pouvait, il se rendait dans les villages de la région pour enseigner la vie évangélique et l'observation des commandements de Dieu au peuple qui, en ces temps obscurs, était souvent dépourvu de la plus élémentaire éducation chrétienne. En toute circonstance: qu'il lise, qu'il prêche ou qu'il prie, des larmes ne tardaient pas à couler en abondance sur son visage, amenant ceux qui l'approchaient à le suivre et à l'écouter comme un véritable prophète de Dieu.

Comme le trône épiscopal de Bérée était resté vacant à la mort de l'Evêque, le peuple décida à l'unanimité de choisir le saint moine comme pasteur. Denys demanda d'abord un délai, puis, ayant reçu de Dieu l'assurance que telle n'était pas Sa volonté, il se cacha et partit peu après à la recherche d'un lieu de résidence plus retiré. Parvenu au pied du mont Olympe, l'antique séjour des dieux, celui qui était devenu en vérité dieu par la Grâce du Saint-Esprit s'installa dans une magnifique vallée, ornée d'arbres majestueux et arrosée de sources abondantes. C'est là qu'après avoir mené peu de temps la vie solitaire, il commença la fondation du Monastère de la Sainte-Trinité, pour recevoir les disciples qui accouraient vers lui. Or le gouverneur turc du lieu ayant appris qu'on avait entrepris cette fondation sans son autorisation, s'irrita contre le Saint et décida de le faire arrêter et juger avec tous ses moines. Heureusement averti du danger Denis prit la fuite et alla fonder avec ses disciples le Monastère de la Sainte-Trinité de Sourbias, sur le mont Pilio. Entre temps la colère divine s'abattit sur la région de l'Olympe, et les villages proches du monastère souffrirent cruellement de la sécheresse puis d'une grêle qui détruisit toutes les récoltes. Les paysans comprirent aussitôt que l'exil du Saint était la cause de tous ces malheurs, ils se rendirent auprès du gouverneur et le persuadèrent de rappeler Denys et ses disciples, et de leur donner toutes facilités pour construire leur église et leur monastère à la gloire de Dieu, pour la bénédiction de la région.

De retour à l'Olympe, Saint Denis vécut quelque temps retiré dans une grotte, puis, les frères affluant, il partagea ses activités en trois: la retraite silencieuse dans la grotte du Golgotha, au mont des Oliviers ou au mont Saint-Lazare -dénomination qu'il avait donnée à ces lieux en revenant d'un second voyage en Terre Sainte-, la direction spirituelle des frères et la collaboration à la construction du monastère, et enfin le soin des pauvres et l'enseignement du peuple. Dieu lui accordait en abondance sa Grâce qu'il distribuait à son tour comme un fidèle intendant. Tel Moïse, il fut ainsi pendant de longues années le représentant de Dieu pour corriger les pécheurs et les impies, pour consoler les éprouvés, pour guérir les malades, chasser les démons, prédire l'avenir et conduire vers la patrie céleste tous ceux qui se confiaient à lui.

Parvenu à un âge avancé, comme il se trouvait, un jour de janvier, en visite au Monastère du mont Dimitriade, il tomba malade et connut que l'heure était venue pour lui de quitter cette terre. Toutefois, familier comme il l'était avec Dieu et ses Saints, il obtint de la Mère de Dieu un sursis, non pas pour jouir davantage de ce monde auquel il était mort depuis longtemps, mais pour avoir le temps de transmettre ses derniers enseignements à ses disciples. Il retourna donc au mont Olympe, réunit quelques disciples dans la grotte où il avait demeuré précédemment et leur recommanda de garder avec fidélité leur mode de vie selon la tradition de la Sainte Montagne, de persévérer dans la charité fraternelle, dans la pauvreté, l'obéissance, l'humilité et la prière pour être jugés digne du Royaume des Cieux. Il s'endormit en paix le 23 janvier 1541, en adressant pour eux sa prière au Seigneur.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 08 février 2010 13:41